vendredi 21 décembre 2007

768 - Ce siècle de minables

J'observe depuis un certain nombre d'années un phénomène qui ne cesse de s'amplifier dans la publicité télévisée, laquelle est le reflet le plus direct de la société, l'écho cru et éloquent de la France moyenne, le révélateur fidèle et durable des aspirations du tout-venant : les "héros" masculins en quête de bonheur fromager, bancaire, cosmétique ou automobile sont tous des incarnations stéréotypées du pauvre type, du citoyen minable, du mâle médiocre.

Le consommateur de base est censé s'identifier farouchement à ces représentants de la gent masculine sur la voie de la déchéance. Et ça marche ! Le minus fondamental se sent rassuré en voyant à travers des spots publicitaires d'autres minus primaires de son espèce. Les publicistes l'ont bien compris : il ne faut pas heurter l'acheteur, il faut le caresser dans le sens de sa bedaine, le conforter dans sa petitesse afin qu'il se sente à l'aise avec ses pairs, et même, comble de la perversité consumériste, qu'il soit fier de son insignifiance !

Ainsi les films publicitaires télévisés sont peuplés de petits Sancho en quête de chaussettes, de piètres Dupont béats d'admiration devant leur cuvette de WC, de frileux épargnants avec des charentaises dans le coeur, d'imbéciles pères de famille hilares face à leur écran plasma...

L'offense faite à homme, l'indignité avec laquelle il est représenté dans ces publicités sont tellement quotidiennes et si bien entrées dans les moeurs que nul ne s'en offusque. L'homme à travers la publicité est devenu un âne, pitoyable client-pantin des grandes enseignes, un crétin heureux de son sort, un abruti total, un parfait vermisseau sans pensée, sans gloire, sans destin, sans plus rien de ce qui fait sa grandeur de bipède éclairé. Depuis ce miroir contemporain que constitue la publicité, l'homme n'est plus qu'une pauvre chandelle morte. Pire : l'indolent réceptacle de la vulgarité du siècle.

Bref, la publicité -qui tire tout vers le bas- pour fonctionner aujourd'hui et tourner à plein régime a de plus en plus recours au procédé miracle consistant à mettre en scène les figures variées et navrantes de l'universel pauvre type.

Ce qui est éminemment dans l'air du temps.

14 commentaires:

  1. Naturellementvotre21 décembre 2007 à 19:12

    L'existence même de la pub me parait bizarre, pourquoi aurions-nous besoin d'un guide dans l'immensité des articles proposés qui viennent s'immiscer vilement dans le réceptacle de nos vie?
    Sachant en plus, que la majorité est mensongère...

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  2. Naturellementvotre21 décembre 2007 à 19:18

    L'argent! C'est l'argent j'ai trouvé!
    Eureka!

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  3. Votre sujet, monsieur, m'a intéressée car je suis une téléspectatrice assidue.
    Ce que j'évite de louper devant mon poste adoré de télévision sont les publicités joueuses de télé-réalité . Ha ! j'adorai: Loft story, Greg le millionnaire, l'île de la tentation, star machin, accadémie truc, etc.
    Je me demande encore pourquoi ces émissions culturelles récoltent tant de hués des téléspectateurs. Tous milieux confondus... Aucun ne se reconnaît dans le rôle du héros ou de l'héroïne. Incroyable non !
    La publicité se trompe de cible ? Quel art ignare !
    N'étant, avec mon grand âge, plus désireuse de me faire montrer du doigt au vu mes petites faiblesses télévisuelles, je me consacre désormais aux dessins animés: Les mangas tout particulièrement
    Faut mourir avec son temps

    Marie l'Ange

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  4. Porto William de Saint Nivel16 janvier 2008 à 22:37

    Ouiiiiiiiiii!!!!!!
    Trés bien !

    Amicalement

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  5. les "héros" masculins en quête de bonheur fromager, bancaire, cosmétique ou automobile sont tous des incarnations stéréotypées du pauvre type, du citoyen minable, du mâle médiocre.

    Que de fautes !bonheur dans votre article prend un S
    benco

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  6. Benco,

    Voici ce que dit le dictionnaire à ce propos. Pas simple !


    1. Lorsque les sujets joints par ou sont de la même personne, le verbe se met au singulier ou au pluriel, selon que l'idée de disjonction ou l'idée de coordination l'emporte. La douceur ou la violence en viendra à bout (Académie). Le père ou la mère aura la garde de l'enfant. La peur ou la misère ont fait commettre bien des fautes (Académie). Écrire un livre (cit. 18) ou écrire un ouvrage sont deux choses. - REM. Le singulier s'impose généralement si ou est répété devant chaque sujet : ou l'amour, ou la haine en est cause (Académie), ou bien si ou est renforcé par plutôt, même, etc. -

    2. «Lorsque les sujets joints par ou... ne sont pas de la même personne, on met le verbe au pluriel et à la personne qui a la priorité» (Grevisse, le Bon Usage, § 828, b); et l'on reprend généralement les sujets substantifs par un pronom personnel qui régit l'accord en nombre et en personne. Vous ou moi, nous ferons telle chose (Académie). «Le roi, l'âne, ou moi, nous mourrons» (La Fontaine, Fables, VI, 19). - L'absence de reprise par un pronom est stylistique (langage écrit et soutenu). «Vous ou moi pourrons y aller.»

    3. La préposition qui suit ou se repète généralement devant chacun des termes joints par ou, notamment quand il importe de souligner la disjonction ou l'opposition. Dans la Chartreuse ou dans le Rouge et le Noir (- Livrer, cit. 23). Quand il a besoin de défendre sa vie ou d'attaquer (cit. 15) celle d'autrui. Cette répétition ne se faisait pas toujours au XVIIe s. (- ci-dessous, cit. Corneille). De se répète nécessairement dans le tour «qui (lequel) de... ou de...». - La préposition ne se répète pas quand ou coordonne deux numéraux : Il viendra avec deux ou trois de ses amis.

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  7. Vous avez une verge puissante!
    Quel calamité ces calamies!

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  8. Je trouve que vous pensez mal !

    La publicité n'est pas la société. Surtout que vous faites adroitement ,avec votre rhétorique, le lien entre la publicité et l'homme qui la regarde. Vous considérez que la bassesse de la publicité est égale au niveau de celui qui la regarde...
    Quand je lis un texte, j'essai de le ressentir. Votre style n'est pas honnête, il ne me parle pas, et il ne doit pas parler à grand monde.

    Pour moi, vous êtes un sophiste. Vous souhaitez être un hédoniste, mais vous vous mentez en permanence.
    Relisez TOUS vos écrits et gardez un mot et un seul : "narcissisme". Vous vous prétendez être comme quelqu'un de bon. Je vous invite à découvrir d'autres cultures, notamment la culture chinoise. Découvrez ce que veut dire :"piété filiale".
    Rappelez-vous d'une chose. Si vous avez la chance de vous exprimez le plus librement possible, et aussi peut-être, la chance de pouvoir faire le choix de ne pas travailler, demandez-vous pourquoi. La raison est historique, et se sont nos ancêtres qui se sont aliénés au travail pour que vous puissiez vous aujourd'hui, jouir au maximum de la vie.
    Ne soyez pas aussi condescendant envers les hommes.
    Vous prétendez être un homme bon ? Si c'était vraiment le cas, je pense que vous n'auriez pas considéré les gens qui regarde les publicité de la sorte. Vous auriez plutôt critiqué le système. Je pense que nous tous sommes fatigués de ce monde qui envahi (voir pollue)notre esprit avec cette consommation effrénée.

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  9. Bonjour Igor,

    Je pense surtout en termes suprêmes et non avec des intentions prosaïques : contrairement à vous je ne vois pas l'aïeul qui pour de suspectes ou nobles raisons (qui de toute façon ne sont pas les miennes) à peiné sur son sillon mais le soleil qui brilla au-dessus de lui.

    Je veux dire que mes prédécesseurs n'ont eut aucun mérite d'exister avant moi. Pas plus qu'ils n'ont eu de mérite d'avoir eu tel ou tel sort. Nul ne choisit sa condition et la souffrance ne constitue en rien une vertu, surtout lorsqu'elle est subie ou atavique. Ce n'est pas à moi de remercier mes ancêtres, c'est à eux de remercier le grand Principe qui a fait qu'ils m'ont précédé... Votre vue est peut-être vaste mais reste strictement horizontale, tandis que la mienne est verticale.

    Ce n'est pas le travail ou la souffrance de mes ancêtres qui a fait mon monde, c'est le soleil. Ou le miraculeux agencement des atomes. Ou l'évolution naturelle, peu importe. Ce que je veux dire c'est que nul ne doit rien à quiconque : la vie est gratuite. C'est un cadeau, non une culpabilité ou un échange commercial.

    En outre je crois que la moindre indulgence envers mes semblables au sujet de la publicité serait leur manquer de respect.

    Mentir, édulcorer sa pensée par crainte de déplaire est une lâcheté indigne de tout bel esprit.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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  10. C'est bien votre problème... Vous n'avez aucune considération pour l'homme. Ou tout du moins, vous considérez les autres d'un point de vu omniscient (ce que vous appelez vertical).
    Il est facile de sentir que vous vous prenez pour quelqu'un de noble. Pire encore, vous souhaiteriez être le Roi Soleil. Je pense que dans notre histoire, la noblesse, si fiere et sûr d'elle, n'a pas aidé les peuples à s'émanciper. Vous faites exactement le même jeu. A savoir que vous critiquez ouvertement, sans concession, et cela vous conforte encore plus dans l'idée que vous êtes "à part", "meilleur", en somme, de sang noble !
    Je suis un Humaniste, en plus d'être fortement républicain. Vous pouvez croire que je ne vous porte pas spécialement dans mon coeur. Ca ne vous pose pas à vous un problème d'éthique personnel de vous croire à un rang supérieur ? Inutile de vous rappeler que tous les jours vous déféquez, et que vous prenez une feuille de papier pour essuiyer cette matière fécale odorante, et qu'il arrive parfois que vous laissiez une trace de merde sur votre main par erreur. Je pense que comme tout le monde, vous vous lavez les mains après. Pourtant, c'est une tâche on ne peut plus humiliante pour votre bel esprit. De quel droit pourrait-on vous rabaisser à de tels actes. Je suis étonné que vous n'ayez pas de gens pour accomplir cette besogne qui vous rabaisse.
    "Mentir, édulcorer sa pensée par crainte de déplaire est une lâcheté indigne de tout bel esprit."
    Certes. Mais quelle est la finalité de votre discours ?
    Toute l'humanité a déjà vu au moins une publicité. Sommes-nous tous à jamais corrompus ? Sauf vous bien sûr...

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  11. Ah aussi, si la vie est gratuite, et que je ne dois rien à personne, je pourrais donc sans aucune retenu retirer votre vie ? Se serait vous manquer de respect si je ne vous montrais pas que vous n'avez pas votre place sur cette Terre.
    Alors si vous êtes au-dessus de tout, pourquoi faire des vidéos et écrire des textes pour qu'ils se retrouvent sur INTERNET, le média le plus tentaculaire de tous ?

    Je sens encore l'hédoniste parler. Dois-je vous rappelez qu'ils étaient du temps des grecs, des personnes intègres et surtout disciplinées. Ceci sous-entend une certaine souffrance, due à la rigueur qu'ils devaient s'imposer, pour pouvoir ensuite jouir.
    Vous êtes incohérent...

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  12. Igor,

    Apaisez votre coeur, prenez de la hauteur sur les choses : vous vous prenez trop au sérieux dans votre ire anti-izarrienne. Cela pourrait contrarier le bon fonctionnement de vos muscles zygomatiques.

    Pour vous répondre en partie, je vous rappelle simplement mon texte numéro 456 intitulé "La conformation physique d'un héros" :

    =======

    Je suis un héros.

    Toujours les cheveux au vent, jamais perdant, j'avance sans l'ombre d'un doute. Ma tête est un marbre pensant posé sur une statue mouvante. J'adopte à chaque instant des allures épiques. Né avec des lauriers sur le front, j'ai des grâces de prince. Mon coeur est pur, dur, déshumanisé. Je n'ai aucun défaut. La perfection me rend étranger au monde. Insensible à la douleur, incorruptible, ardent au travail le plus pénible, prêt à risquer ma vie pour un grain de sable, une idée, je suis économe de mots. Et supporte sans grimacer le soleil du désert, la glace des hauteurs. Je dors comme un gisant, me réveille avec la gloire du lion, mange du bout des lèvres. Jamais je ne pousse la porte des toilettes.

    Un héros n'a pas d'intestins.

    =======

    Pour le reste sachez que je ne me prends pas pour un Dupont puisque, définitivement, je n'en suis pas un. J'appartiens à l'espèce supérieure des beaux esprits. En général cela ennuie les petits. Est-ce ma faute si je ne plais qu'aux grands ? Si vous étiez un authentique humaniste vous défendriez la hauteur de l'esprit humain et non sa bassesse.

    Caresser le gueux n'est pas l'élever, au contraire, c'est l'enfoncer encore plus dans sa fosse. Pauvre et ignare ne signifie pas honnête pour autant.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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  13. Mais votre solution finale, ne serait-ce pas l'eugénisme ?

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  14. Igor,

    Ma solution finale, c'est l'éducation, la pédagogie, l'exemple actif.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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